Médecine siddha

siddha medicine

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CONTORSIONS

Tentatives pour ouvrir la bouche du patient et réarticuler ses mâchoires. Victime d’un accident de la route, ce patient a été conduit à l’hôpital où il a été soigné pour de multiples fractures. Cependant, les opérations pratiquées sur sa mâchoire fracturée et déplacée ont échoué. Il est aujourd’hui dans l’incapacité de se nourrir normalement.

Exercices d’élongation sur un patient hémiplégique

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Violentes contorsions exercées sur des patients souffrant de la colonne vertébrale

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Contorsions sur un patient atteint de douleurs et de gêne articulaire au niveau des épaules et des vertèbres cervicales

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TRAITEMENT DES FRACTURES

La clinique de ce praticien spécialisé dans la thérapie varma et le bonesetting reçoit chaque jour une centaine de patients et possède une quarantaine de lits consacrés essentiellement à l’orthopédie et à la traumatologie. Ces cliniques qui possèdent une large clientèle sont souvent équipées d’un appareil de radiographie. Selon les praticiens, la radiographie est faite surtout pour rassurer les patients qui viennent les consulter, réflexion qui éclaire bien sur la perte de légitimité à laquelle les praticiens siddha sont confrontés aujourd’hui. Aussi, l’introduction d’outils exploratoires de la biomédecine au sein des cliniques siddha est une manière de donner de la scientificité à leur profession.
La technique utilisée par ce praticien consiste à enduire d’huile médiquée la partie fracturée, -cette huile favorise la reconstruction osseuse-, puis à bander en installant des attelles de bambous qui sont ajustées selon le besoin. Quand il y a déplacement des os, comme dans le cas présent, le praticien utilise de violents étirements et réduction, s’aidant de ses pieds et de son poids si nécessaire. Ces manipulations extrêmement douloureuses sont cependant exécutées très rapidement grâce à l’habilité et à l’assurance du praticien.

Le bandage est remplacé chaque semaine de façon à remettre de l’huile sur la partie fracturée. Dans cette clinique, les membres fracturés sont immobilisés entre des sacs de sable, ce qui est une exception.

Tous les jeudis et les dimanches, un bonesetter soigne les patients sous un petit abri dans le jardin de Madurai Cittamuruttuva Sangham. Cette association, la plus ancienne du Tamil Nadu, est très investie dans les activités promouvant la médecine siddha. Elle organise chaque dimanche des consultations au cours desquelles les patients reçoivent gratuitement des médicaments. Le praticien, qui est aussi un propriétaire terrien assez riche, vient d’un petit village de la région de Tirumangalam. Il a appris le métier de son père et grand-père.
La technique et les produits qu’il utilise sont différents de ceux du praticien précédent. Il utilise peu d’huile pour les massages, mais en revanche, il prépare un mélange de plantes séchées pulvérisées (curanam) avec du blanc d’œuf dans lequel il trempe ses bandes avant de les placer sur la fracture. Le curanam joue le rôle de l’huile et fortifie les os, tandis que l’œuf en séchant immobilise la fracture. Il utilise également une poudre à base de minéraux qui favorise l’évacuation de l’eau dans les tissus tuméfiés.

Les bonesetters sont sollicités par des personnes appartenant à toutes les catégories socio-démographiques. Celles-ci justifient leur recours aux bonesetters par l’efficacité de l’huile de massage qui ne provoque pas d’effets iatrogéniques comme les médicaments anti-inflammatoires, la rapidité de la guérison des fractures et le faible coût du traitement. Ces deux dernières justifications prennent sens lorsqu’on considère que les médecins hospitaliers, notamment dans le privé, recourent à la chirurgie et à la pause de broches, même pour des fractures simples. Ces pratiques, basées sur l’appât du gain (coût de la chirurgie, remplissage des hôpitaux), occasionnent de fortes dépenses et une longue immobilisation. Ainsi, il n’est rare que les praticiens soient consultés par des personnes qui se sont fracturées le col du fémur. Les praticiens les bandent en serrant très fort et les avisent de garder le lit pendant un mois et demi. La marche après une telle fracture n’est jamais parfaite, d’autant que les patients sont souvent très âgés, mais ce type de traitement permet aux personnes pauvres qui ne pourraient pas s’offrir la pause d’une prothèse, de remarcher.